Essences d’ arbres les plus courante à offrir…
Chêne Quercus
arbre de la famille des Fagacées (Châtaignier, Chêne, Hêtre)
Étymologie : du latin Quercus, qui proviendrait du celte "kaerquez", "bel arbre" ; son nom grec, drus, est un terme générique pour désigner "l'arbre". Il est aussi appelé aigilops ou phegos (de phagein, manger, allusion au gland).
Le latin robur (attribué en taxinomie au Chêne pédonculé) se traduit "rouvre". C'est un faux ami car le Chêne rouvre n'est pas le Quercus robur ! De "rouvre" découlent les termes catalan "roure" et espagnol "roble" (noms génériques des chênes à feuilles caduques).
Origine : sur les 400 espèces, l'Europe possède le Chêne pédonculé, Quercus pedunculata ou Quercus robur (le gland a un pédoncule), le Chêne rouvre ou chêne sessile, Quercus sessiliflora ou Q. petraea (car le gland n'a pas de pédoncule) ou "drille", le Chêne chevelu, Quercus cerris (ainsi nommé car son gland est pourvu de poils assimilés à des cheveux !), le Chêne chevelu panaché (naturel dans le Doubs et le Jura, espèce décorative de jardin), le Chêne blanc ou tauzin, Quercus pyrenaica ou Quercus toza (dessous des feuilles blanc), le Chêne pubescent ou truffier, Quercus pubescens, le Chêne vert, Quercus ilex ("toujours vert") et le Chêne-liège, Quercus suber (on exploite son écorce), tous deux à feuilles persistantes. Le Chêne kermès est un arbrisseau. Le chêne couvre 39 % de la forêt française (voir le graphique de répartition de la forêt française). Il existe d'autres espèces de chênes d'Amérique et d'Asie.
Habitat : le Chêne pédonculé est une espèce pionnière, c'est à dire qu'il est prêt à coloniser des terres abandonnées. Dès son jeune âge, il supporte assez mal la concurrence et pour faire du bois de qualité, son houppier doit pouvoir se développer facilement. Il préfère des sols profonds, frais et bien alimentés en eau. Il est très sensible aux sécheresses mais il supporte des excès d'eau temporaires. Le pH doit être proche de la neutralité (5 à 7,5).
Le chêne sessile est plus rustique et tolérant. Il peut être planté en futaie dense tout en faisant du bois de haute qualité. Il supporte des conditions plus contraignantes : des sols plus acides, moins profonds, plus secs.
Rusticité : le Chêne pédonculé et le Chêne rouvre sont très rustiques (zone 6 : ils supportent le froid jusqu'à -23°), tandis que le Chêne vert et le Chêne liège sont moins résistants au froid (zone 7, froid de -17°).
Taille maximale : 50 m.
Port (arbre isolé) : houppier large et irrégulier. Les branches basses sont puissantes et leur aspect tortueux est caractéristique en hiver. Son feuillage n'est pas très dense et on aperçoit les branches même en été. Le Chêne rouvre planté serré pousse droit et haut.
Tronc : il peut atteindre 2 m de diamètre chez le chêne pédonculé. Il est robuste et droit.
Racines : les racines du chêne pénètrent profondément dans la terre en pivot, au détriment des racines latérales moins développées.
Écorce : lisse et claire chez l'arbre jeune, elle devient foncé chez l'adulte et se creuse de profonds sillons longitudinaux. Grise chez le chêne pédonculé, marron chez le chêne rouvre ou sessile et le chêne chevelu.
Les feuilles sont caduques (sauf chez le chêne vert et le chêne-liège) et alternes. Elles ont en général une plus grande largeur vers le tiers supérieur du limbe (particularité commune à la feuille de Magnolia caducifolié). Elles ont un bord lobé ou profondément denté (chêne vert, chêne-liège, chêne châtaignier). Pour les différences entre les chênes, voir le tableau suivant.
La fleur mâle est regroupée en chapelets pendants et discrets en avril, en même temps que l'apparition des feuilles , les femelles sont isolées ou réunies en petits en épis dressés. Elle portent 6 à 8 étamines.
Risque de pollen allergisant : moyen.
Son fruit est une akène (le gland), plus ou moins profondément insérée dans une cupule garnie d'écailles parfois épineuses. Il tombe de lui même (quittant sa cupule) quand il est mûr, en septembre. Un chêne adulte en produit 50.000. Le chêne fructifie tard (à 50 ans). |
Légendes et traditions : rarement touché par la foudre, le chêne était associé à Zeus, dieu du tonnerre dans la mythologie grecque, et Donar, dieu de la foudre des Germains. Le chêne de Dodone servait d'oracle : un prêtre interprétait le bruissement des feuilles au vent. Dans la mythologie romaine, c'est évidemment l'arbre de Jupiter. On tressait ses rameaux en couronnes pour les guerriers valeureux (le képi de général de l'Armée a repris ce concept). Chez les Celtes : les druides récoltaient le gui qui poussait très rarement sur un chêne. Le gui était censé recueillir l'âme et les puissances vivantes de l'arbre. Par respect pour ces puissances, on utilisait une serpe en or. Dans l'astrologie celtique, le chêne est robuste, courageux, fort,... L'église catholique a récupéré ces croyances, édifiant la maison de Dieu à proximité des chênes sacrés (exemple : église d' Allouville-Bellefosse, en Normandie, entre Yvetot et Le Havre).
Littérature :Le chêne a bien inspiré les poètes, comme Joachim Du Bellay, Anatole France, Lamartine, Victor de Laprade, Jean Moréas, Émile Verhaeren, et de nombreuses Citations. Un Conte du Québec prend le chêne comme héros.Fable de Jean de La Fontaine : Le Chêne et le Roseau. Chanson sur le chêne : Le grand chêne de Georges Brassens. Le Chêne occupe une large place dans l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (rédigée entre 1751 et 1772 sous la direction de Diderot).
Utilisations : Le bois de chêne est très apprécié des sculpteurs car il est souple à travailler quand il est frais et en vieillissant, le bois durcit, empêchant les vers de s'y loger. Le chêne est le plus dur et le plus durable des bois européens. Il est également très dense et lourd (>1 tonne/m3). Il résiste bien dans l'eau. Cette qualité, alliée à la forme courbe de ses branches, était mise à profit en construction navale. Colbert, qui créa la Navale, entreprit un vaste programme de plantation de Chênes rouvres, par l'ordonnance de 1669. Il en reste de belles forêts (forêt de Bercé, près de Jupilles, dans la Sarthe : Chênes rouvres sur 3.000 ha ; forêt de Tronçais sur 10583 ha, à proximité de Moulins, Nevers, Montluçon et Bourges). C'est aussi un excellent bois pour la charpente, les traverses de chemin de fer, et un bois de chauffage (comme les autres Fagacées ). On en fait également des tonneaux du fait de la présence de tanin. Son écorce est utilisée pour tanner le cuir (car elle contient du tanin). Enfin, son gland, riche en amidon, servait à engraisser les porcs ; torréfié, il constituait un substitut de café. Le Chêne pubescent est associé à la truffe qui se développe près de ses racines. Pour les autres propriétés, voir cette page. Maladies :Le Chêne commun (Quercus pedunculata) et le Chêne sessile (Quercus sessiliflora) sont sensibles à l'oïdium (microsphaera alphitoides) qui se traduit par des taches poudreuses blanchâtres apparaissant sous les feuilles, puis un brunissement et pour finir un affaiblissement de la couronne. Un traitement à base de soufre est nécessaire, ou, si la maladie est trop développée appliquez un traitement à base de myclobutanil. |
Hêtre ou fayard, faou, fouteau, Fagus sylvatica
arbre de la famille des Fagacées car le fruit est maintenu dans une "cupule"
(Châtaignier, Chêne, Hêtre)
Étymologie : le mot "hêtre" est un nom germanique apparu au XIIIe siècle. "Fayard" vient du latin "fagus", qui a aussi donné Fau, Fou, Le Faouet, La Fage, fouet, fouine. Le Hêtre était inconnu des Grecs. La forêt de hêtres est une hêtraie.
Origine : Europe centrale. Espèces : Hêtre hétérophylle (feuilles laciniées), Fagus sylvatica asplenifolia. Hêtre du Chili, Nothofagus antarctica (petites feuilles).
Hêtre d'Orient, Fagus orientalis, dont la feuille se distingue de celle du Hêtre fayard, par un pétiole plus long, une base en V, et l'absence de poils sur le bord du limbe.
Hêtre américain, Fagus grandifolia, qui a des feuilles un peu plus longues (12 cm contre 10 cm chez son cousin européen), mais surtout, elles sont bordées de grande dents pointues (un peu comme le châtaignier).
Très plastique, la feuille du hêtre a permis de nombreux cultivars (variétés horticoles) :
- Hêtre pourpre (feuilles pourpre),
- Hêtre à feuilles de chêne,
- Hêtre doré pleureur,
- Hêtre de Spath, Fagus sylvatica Zlatia. Il a la particularité de porter des feuilles de couleur jaune, en été, qui virent au vert puis au brun à l'automne.
Habitat : Le Hêtre est assez indifférent à la nature du sol, calcaire ou siliceux, riche ou pauvre. Essence d'ombre, le Hêtre produit un feuillage dense qui assombrit le sous-bois et freine son développement. Il a besoin d'humidité atmosphérique mais il craint les sols trop humides. Il est sensible aux grands froids et aux fortes chaleurs. Le Hêtre prospère en plaine, dans la partie Nord de la France, notamment en Normandie. Au Sud de la Loire, il est présent en montagne : dans le Massif central et les Pyrénées occidentales notamment. En montagne, il voisine le Sapin, jusqu'à 1700 mètres d'altitude. Le Hêtre couvre 9% de la forêt française, derrière le chêne et le pin sylvestre (voir le graphique de répartition de la forêt française).
Rusticité : zone 6 (le Hêtre supporte des températures minimales moyennes de -20° C.)
Durée de vie du hêtre commun : 300 ans. Des exemplaires rares sont répertoriés comme ayant atteint 1000 ans (dans la Marne).
Port (arbre isolé) : houppier ovoïde. Les branches sont plagiotropes (elles poussent à l'horizontale).
Racines : superficielles. Une tempête peut faire vaciller les hêtres de grandes tailles.
Taille maximale : 30-40 m (Hêtre commun et Hêtre d'Orient). Son diamètre atteint alors 1,5 m. Croissance : lente. Les arbres à croissance lente se caractérisent par un bois dense et dur.
Écorce mince, lisse (comme des pattes d'éléphant !), gris clair. Tronc cylindrique.
Bois homogène, blanc grisâtre à jaune rougeâtre, et dense. Après la coupe, il se colore en rougeâtre. Il faut le débiter et le sécher sans tarder pour éviter l'attaque de champignons. Le Hêtre poussant sur des terrains calcaires donne un bois de meilleure qualité que celui qui pousse sur de terrains siliceux (bois nerveux à fort retrait).
Feuillage caduc. Feuilles (9 cm) en disposition alterne et distique, en mai. Elles sont pétiolées, ovales, à bords pubescents et ondulés. Si d'aventure, la feuille du charme peut être confondue avec celle du charme, un petit dicton rappelle les différences :
"Le charme d'Adam est d'être à poil" Comme chez les Fagacées, elles sont marcescentes. Couleur vert brillant sur le dessus.Fleurs : le Hêtre fleurit en avril-mai. Les fleurs mâles, jaunes, en petits chatons pédonculée (3-5 cm) à pilosité velue, et les fleurs femelles, vertes, à court pédoncule, forment des groupes séparés. Fruits : ce sont des akènes, nommés "faînes", groupés par 3 ou 4 dans une cupule hérissée. Légendes et traditions : Pour les Romains, le Hêtre est arbre de Jupiter. Dans l'astrologie celtique, le hêtre est matérialiste, raisonnable, ...
Le Hêtre est décrit dans l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (rédigée entre 1751 et 1772 sous la direction de Diderot).
Littérature : Le dieu Hêtre, poème de Jose Maria de Heredia.
Utilisations : Du fruit de hêtre (la faîne), on extrait une huile comestible (il faut 50 kg de faîne pour fabriquer 10 l). Mais son enveloppe contient un principe toxique (qui donnent des migraines et des convulsions). De plus, l'huile de faîne se conserve mal. Comme le gland du Chêne, la faîne est appréciée du gibier. Autrefois, l'administration forestière accordait le droit de "Panage" autorisant les paysans à mener les porcs en forêt pour y consommer les faînes de hêtres. Le bois du hêtre est dur, homogène, mais il manque de souplesse. On améliore sa souplesse par chauffage à la vapeur. En "bois debout" (non débité), on en fait les billots pour bouchers. Le bois de hêtre accepte le tournage (jouets, pieds de chaises), la teinture et le polissage. Du fait de son homogénéité, le bois de hêtre était beaucoup utilisé par les boisseliers, tourneurs, fabricants de pièces complexes. On en faisait aussi les anciennes pinces à linge de nos grands-mères, avant l'invasion des polymères. Aujourd'hui, il est exploité en menuiserie (meubles, parquets) à condition d'être séché avec précaution (tendance au retrait). Le hêtre équipe 14 % des meubles fabriqués en France, juste derrière le chêne.
C'est aussi un excellent bois de chauffage. La flamme est vive et claire. Le charbon est incandescent jusqu'à complète combustion. Le charbon de hêtre était utilisé pour la sidérurgie des minerais. De son bois, par combustion incomplète, on extrait du goudron, et, par distillation, la "créosote", à l'odeur forte. La créosote sert à traiter les bois extérieurs (poteaux électriques, traverses de chemins de fer), par imprégnation, éventuellement sous vide d'air. Le créosol est une huile extraite de la créosote ; elle est utilisée comme désinfectant des plaies, des caries dentaires.Les cendres de bois de hêtre entraient dans la composition de savon artisanal. Le hêtre est un des meilleurs bois, avec le sapin et le genêt, pour fumer les viandes de porc et de boeuf, ou les andouilles de Normandie. Particularité : les racines du hêtre sont superficielles. Elles vivent en symbiose avec des champignons qui fournissent des sels nutritifs et reçoivent des hydrates de carbone. D'autre part, l'ombre épaisse qui règne au pied des hêtre empêche le développement du sous-bois. Maladies : depuis 1980, le hêtre est attaqué par des champignons et des cochenilles. Il souffre également des sécheresses.
Frêne
arbre de la famille des Oléacées (Frêne, Lilas, Olivier,Osmanthe, Troène)
Étymologie : du grec phraxis, "haie", ou du latin fraxinus, "foudre", car isolé, il attire la foudre. Origine : sont européens le Frêne élevé ou Frêne commun (le plus répandu), Fraxinus excelsior, le Frêne à feuilles étroites ou Frêne oxyphylle, Fraxinus angustifolia (bords de Méditerranée) et le Frêne à fleurs ou Orne, Fraxinus ornus (Corse, Italie). Le frêne est un des arbres les plus récents sur terre. Le Frêne monophylle, Fraxinus excelsior Diversifolia, est un cultivar. Autres Espèces : Frêne chauve d'Asie, Frêne blanc, Fraxinus americana, et Frêne rouge, Fraxinus pennsylvanica, tous deux d'Amérique. Habitat : le frêne apprécie les zones ensoleillées, en bord de rivières, ou en forêts mixtes. Le frêne couvre 2,6% de la forêt française (voir le graphique de répartition de la forêt française).
Rusticité : zone 7 (il supporte le froid jusqu'à -17°). Taille maximale : 40 m. Sa croissance est rapide. Son tronc atteint 1 m de diamètre. Port (arbre isolé) : ovoïde. Il présente des branches ascendantes, une cime irrégulière et un feuillage peu dense. Planté serré, le frêne croît en hauteur, avec un tronc rectiligne. Écorce lisse, gris pâle, et se fissurant au bout de 30 ans. Elle présente alors un réseau de crevasses. Bois : le bois de frêne est blanc, à reflets nacrés, un peu rosés. Il s'assombrit, une fois coupé. Son utilisation est décrite plus bas.
Feuillage caduc. Les feuilles de frêne naissent de bourgeons noirs caractéristiques (on les voit bien en hiver). Les feuilles sont opposées (les feuilles de Robinier ou de Sophora, qui leur ressemblent un peu, sont alternes) et décussées. Elles se composent de 5 à 15 folioles lancéolées, sessiles (sans pétioles), à sommet et base pointus et à bord finement dentelé. Suivant les espèces, les folioles sont fines et allongées ou au contraire larges. Elles sont vert foncé et glabres sur le dessus, plus pâles et à nervures un peu velues sur le dessous. Le Frêne monophylle (fraxinus diversifolia) a une feuille composée de une à trois grandes folioles (10 cm) qu'on pourrait prendre, chacune, pour une feuille simple.
Fleurs : Le Frêne commun fleurit au bout de 30-40 ans. Les fleurs sont petites, jaune verdâtre, groupées en panicules d'abord dressées puis pendantes qui apparaissent avant les feuilles de façon à favoriser la pollinisation par le vent. Les fleurs sont hermaphrodites. La floraison a lieu de mars à mai suivant la région.
Le frêne à fleurs se distingue par des belles fleurs blanches, en plumeau odorant, en mai. Chaque fleur a 4 longs pétales.
Risque de pollen allergisant du Fraxinus excelsior : moyen.
Fruit : samare plate, de 5 cm, pétiolée, groupée en touffes de 10-20. Elles restent sur l'arbre en hiver, ce qui aide à le reconnaître.
Littérature : un superbe poème de Vauquelin de La Fresnaye (1535?-1606).
Le frêne est décrit dans l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (rédigée entre 1751 et 1772 sous la direction de Diderot).
Légendes et traditions : Dans la mythologie grecque, le Frêne est l'arbre de Poséidon, qui est notamment le dieu des séismes. Dans l'Iliade d'Homère, le javelot d'Achille était en frêne. Pour les Germains et les Scandinaves, c'est l'arbre fondateur, Yggdrasil. Il supporte la voûte céleste et prend racine dans la Sagesse. Les Slaves attribuent au Frêne le pouvoir de repousser les serpents : on peut se reposer à son ombre sans crainte. Le "suc" de frêne servait à guérir des morsures de serpent. Dans l'astrologie celtique, le frêne est vif, impulsif, exigeant, ...
Utilisations : Les feuilles de frêne sont réputées diurétiques et antirhumatismales. Les feuilles servaient de fourrage au bétail (comme les feuilles d'orme). De l'écorce, on extrayait le "quinquina d'Europe", qui est fébrifuge. La fleur fraîche de l'orne, additionnée de levure, produisait, après fermentation, une boisson rafraîchissante et antirhumatismale, la frénette.
Le bois de frêne est bon au polissage et au toucher onctueux. Il est dur, lourd (dense), flexible et pas cassant : on en faisait, depuis l'antiquité, les hampes des lances (on plantait des Frênes près des châteaux-forts). Ovide, dans les Métamorphoses, le nomme "arbre aux javelots". On a découvert des outils néolithiques (5000 ans av JC) avec un manche de frêne. Dans la vie courante, on en faisait aussi des manches de bêches, des barreaux d'échelle, des gouvernails, des rames, des raquettes de sport et les anciens skis.
Le Frêne monophylle peut être planté en alignement de rue.
Erable
Le genre Acer est le seul de la famille des Acéracées, riche de 150 espèces.
Étymologie : le nom érable apparaît au milieu du 13ème siècle. Il vient du vieux latin "acerarbot", où "acer" est d'origine indo-européenne et signifie "pointu, dur". On dit ainsi "des propos acerbes", "des griffes acérées". De même origine, "acerabulus" donna "arable", "Arblay", "Araule", "Azérable". Origine et espèces : la famille des érables est très vaste. Les érables d'origine européenne proviennent : soit des montagnes d'Europe, dès le Tertiaire (63 M d'années) : Érable plane, Acer platanoïdes / Érable sycomore ou Érable Faux Platane, Acer pseudoplatanus / Érable champêtre, Acer campestre, assez fréquent à la campagne, mais souvent malade, soit du pourtour méditerranéen : Érable à feuilles d'obier ou Érable duret ou ayard, Acer opalus. Cette dénomination "à feuilles d'obier" est impropre, car c'est, à l'inverse, la Viorne obier, qui a une feuille ressemblant à celle de l'érable duret.
Érable de Montpellier, Acer monspessulanum, qui supporte néanmoins le froid.
Il existe de nombreuses espèces américaines (exemple érable à sucre) dont les feuilles virent au rouge vif, à l'automne, et des espèces asiatiques, notamment japonaises, dont les feuilles ont plus de 5 lobes et qui sont moins hauts. En tout 115 espèces.
Érable de Crète, Acer sempervirens, Acer creticum, Acer orientale est le seul érable à ne pas perdre ses feuilles en hiver. C'est une espèce d'arbre, proche de l'Acer monspessulanum, endémique en Crète et Grèce, et poussant dans l'est du bassin méditerranéen (Liban et Turquie de l'ouest). Il mesure 6-7 m, parfois moins ; sa ramure est dense et de forme ovoïde. Ses petites feuilles (2 cm sur 4) vertes luisantes et épaisses sont composées de 3 lobes. Habitat : les érables européens sont des essences de lumière ou de demi-ombre. Ils peuvent rejeter de souche. L'érable plane est moins exigeant en fertilité et en lumière que le Sycomore. En forêts, ils côtoient Chênes, Hêtres, Ormes et Tilleuls. L'érable champêtre, le plus petit des érables européens, est souvent attaqué par des maladies.
Rusticité : zone 6 (les érables supportent le froid jusqu'à -23°).
Port (arbre isolé) : les grands Érables européens ont une cime large. L'érable plane âgé a une cime ovoïde. Croissance : l'érable sycomore a une croissance moins rapide que l'érable plane. Ils ont le mauvais goût de se répandre tous seuls, au gré des vents qui emportent les gaines (propriété de dispersion qu'ils partagent avec l'ailante et le robinier).
Les érables sont à feuillage caduc. Leurs feuilles sont toujours opposées et en disposition décussée (c'est à dire, deux paires se suivent en tournant de 90° en plan). Leur forme est presque toujours lobée (3-9 lobes). L'érable sycomore a la particularité de produire sur les jeunes pousses, des feuilles de forme différente de celle des feuilles adultes (cette caractéristique est dite "hétérophylle"). En automne, avant de tomber, les feuilles des érables passent par toutes les nuances allant du jaune au rouge. Les fleurs à 8 étamines sont petites et mellifères (elles attirent les abeilles). Ils se caractérisent tous par des fruits secs ailés (samares), collés par deux (disamares, communément appelées 'hélicoptères'). Le vent les transporte pour étendre l'aire de distribution de l'érable. Légendes et traditions :
Dans la mythologie grecque, l'Érable est dédié à Phobos, dieu de l'Épouvante.
L'Illiade rapporte que le cheval de Troie fut fabriqué en Érable. Dans l'astrologie celtique, l'érable représente quelqu'un débordant d'imagination et d'originalité, timide et réservé, ...
Utilisations : les lances romaines étaient en Acer, d'où "acéré". Plus récemment, on utilisait l'Érable pour les hélices d'avion et les planches à découper. Le bois clair et à grains fins de l'Érable plane et le bois plus dur de l'Érable sycomore (facile à polir ) sont également recherchés en sculpture, en ébénisterie, en lutherie et en tournerie.
Cerisier, Prunus cerasus
arbre de la famille des Rosacées, genre Prunus
(Abricotier, Amandier, Cerisier, Laurier-cerise, Merisier, Pêcher, Prunier).
Les arbres de cette famille, genre Prunus, ont en commun de produire une drupe charnue (communément appelé le fruit) provenant d'un seul carpelle, qui enveloppe un noyau.
Étymologie : "cerisier" vient du latin cerasus, d'après la ville de Cérasonte (province du Pont, actuelle Turquie). Origine : Asie antérieure. En 73 av JC, le consul Lucullus bat Mithridate et conquiert Cérasonte. Parmi ses trophées, il ramène le cerisier à fruit doux. jusque là, les Romains connaissaient un cerisier sauvage aux griottes amères. Variétés-espèces : parmi les espèces européennes, on distingue : Prunus avium , le cerisier des oiseaux ou merisier, Prunus mahaleb, le bois de Sainte-Lucie, ainsi nommé parce qu'on le rencontre dans les Vosges, près du monastère franciscain de Sainte-Lucie, ou faux merisier, aux fruits amers et petits. Le laurier-cerise n'est pas un cerisier mais il appartient au genre Prunus et ses fruits rappellent les cerises. Rusticité : zone 8 (il supporte le froid jusqu'à -12°).
Durée de vie : 50 ans, jusqu'à 100 ans (les branches deviennent cassantes et dangereuses). Des maladies réduisent parfois la durée de vie.
Taille maximale : 9-10 m. Port : étalé. Les branches sont ascendantes quand l'arbre est jeune.
Écorce lisse noir à pourpre, se détachant par bandes circulaires. Des lenticelles elliptiques, horizontales, caractérisent le Cerisier (et le Merisier). |
Feuillage caduc. Feuilles elliptiques, de 12 cm de long, à base légèrement cordée chez certaines variétés (Cerisier à grappes, Prunus padus), pointe (apex) aiguë (acuminée), bordure grossièrement dentée. Sur la face inférieure, les côtés de la nervure sont garnis de poils roux. A la base du limbe, deux ou trois nectaires (glandes mellifères) sécrètent un liquide sucré qui attire les fourmis, lesquelles remercient le cerisier en le protégeant des insectes susceptibles de ronger les feuilles (caractéristique des espèces du genre Prunus).
Fleurs : blanches de 2 cm de diamètre, portées par un pédicelle de 2 cm et groupées en grappes. Elles apparaissent en mars-avril avant les feuilles où au début du débourrage des feuilles. La floraison dure 3-4 semaines. Les fleurs attirent les insectes et les abeilles qui se chargent de la pollinisation. Il est nécessaire de planter au moins deux pieds de parents distincts pour obtenir la fructification. Fruits : les différentes variétés de cerisiers produisent des cerises de table. Les griottes proviennent de certaines variétés de cerisiers, tandis que les guignes et les bigarreaux proviennent du Merisier. Si les cerises et les bigarreaux sont le plus souvent mangés crus, les griottes sont réputées en confiture ou macérées dans de l'eau-de-vie. On tire encore des cerises le kirsch et le marasquin. |
Utilisations : en dehors du verger, le cerisier et réputé et recherché pour son bois : il présente un grain fin, de belle couleur ambrée ou lie-de-vin et se polit très bien ; son grand défaut est d'être peu durable, même quand les pièces ne sont pas exposées aux intempéries. Notons que les espèces végétales ne portent pas le même nom en ébénisterie et en horticulture. Conseils d'entretien : pour la taille des arbres fruitiers, voir la fiche. Comme la plupart des arbres fruitiers, le cerisier est menacé par des bactéries, des insectes et d'autres maladies : la mouche des cerises pond sur le fruit et le ver se développe près du noyau.
Pour le traitement, voir cette fiche. Espèces et variétés : il y a 23 espèces de cerisiers natives de la Chine, 13 au Japon, 8 en Amérique, et 5 en Europe. Les cerisiers du Japon ont été introduits en Europe vers 1860. Ils sont décoratifs grâce leurs abondantes fleurs roses (ex : Prunus serrulata). Une variété fleurit en hiver et à nouveau au printemps. La fleur est dite "double", car elle comprend un grand nombre de pétales provenant de la transformation d'étamines ou de pièces de pistil. De ce fait, elle est stérile et l'arbre qui la porte ne produit pas de fruit (ex : cerisiers décoratifs). Légendes et traditions : Au Japon, cette espèce de cerisier est un arbre d'ornement, sacré dans la religion shintô. Sa floraison, superbe, de courte durée, en fait un symbole de la précarité. Elle est aussi l'emblème des Samouraïs.
Où en voir près de Paris ? au Parc de Sceaux. Cerisier du Tibet (Prunus serrula) :originaire du Yunnan et du Sechuan (Chine), espèce décorative de part son écorce remarquable, orange, lisse et brillante comme de l'acajou poli, se détachant en fines lanières horizontales. Les lenticelles sont larges et brunes Sa feuille est proche de celle du cerisier commun, mais moins large. Sa cime est large, en dôme, dense, avec de grandes branches arquées vers l'extérieur et des rameaux robustes insérés sur elles. ses fleurs sont abondantes, de 2 cm, groupées par 2 ou 3, pendantes.
Buis, Buxus sempervirens
arbuste de la famille des Buxacées
Origine : Europe, Afrique du Nord, Asie occidentale.
Habitat : le Buis s'adapte aux milieux arides et rocheux. Il pousse naturellement dans les étages méditerranéen et subalpin des Alpes et des Apennins.
Durée de vie : 600 ans. Rusticité : zone 7 (il supporte le froid jusqu'à -17°).
Taille maximale : arbuste de 5 m. Le Buis a une croissance très lente.
Port : en boule irrégulière. Feuillage persistant. Feuilles opposées et coriaces, ovales ou elliptiques, à bords entiers, glabres, vert foncé et luisantes sur leur face supérieure, vert jaunâtre sur la face inférieure. Fleurs jaunes, en mars-avril. Elles n'ont pas de corolle et sont réunies en grappes axillaires (glomérules), formés de plusieurs fleurs mâles et une femelle à 3 styles au centre. Fruits : capsules de 3 cm de long, se terminant par des cornes. Ils s'ouvrent en septembre pour libérer leurs graines. Légendes et traditions : Le Buis, de part sa croissance lente, sa grande longévité, et ses feuilles persistantes, était un symbole d'immortalité. Avec son bois, les Grecs et les Romains faisaient des tablettes pour écrire. Les Chrétiens font bénir des rameux de buis, le dimanche des rameux et le conservent près d'un crucifix.
Utilisations : son bois très dur, jaune, à grains fins, est recherché pour fabriquer des pipes,des instruments de musique et pour la gravure. Un extrait médicinal sert à purifier le sang. Le Buis est planté dans les jardins "à la française" car il se prête bien à la taille et à l'art topiaire, sa croissance est lente et son feuillage persistant assure une continuité de paysage tout au long de l'année (ce qui ne serait pas le cas avec une haie de charmes). Le Buis à bordures, Buxus sempervirens 'Suffruticosus', est une variété naine du Buis commun. Il sert à réaliser des bordures de 40 cm de haut, régulièrement taillées. Il a été mis à la mode à l'époque classique, même si les dessins des jardins restaient inspirés des costumes brodés du Moyen-Age ou de la Renaissance ! Conseils de plantation :
1 - Quand planter : plantez le buis en hiver (de novembre à mars). La meilleure époque pour les planter est début mars, avant le démarrage de la foliation.
2 - Comment planter : préparez un trou de plantation plus large que profond (supérieur de 30 à 40 cm de la future motte à placer). Ameublissez le fond du trou avec la fourche-bêche. Garnissez le fond, puis après avoir placé votre plant, comblez le trou avec de la terre de bruyère sauf si votre terre est naturellement acide. Le buis a la particularité d'avoir un système racinaire superficiel. La reprise sera facilitée dans une terre meuble.
3 - Comment tailler : le buis se taille facilement (comme les thuyas). Il se renouvelle rapidement, pour combler les vides. Utilisez une cisaille bien aiguisée et propre (comme toujours, pour éviter de transmettre une maladie). La taille s'effectue de bas en haut.
4 - Comment former un buis en boule : taillez légèrement juste après la plantation pour inciter la touffe à se ramifier. Taillez les rameaux à 25/30 cm du sol pour dégager le tronc. Puis coupez une nouvelle fois en juin/juillet en commençant une forme de boule. Les premières années, taillez les nouvelles feuilles un première fois en mai/juin puis la pousse d'été en août/septembre, en veillant à laisser à chaque coupe quelques centimètres supplémentaires. Une fois la taille souhaitée obtenue, continuez chaque année à entretenir la forme de votre buis en le taillant plusieurs fois par an à partir de mai.
5 - Comment former une bordure dense : choisissez une 'espèce à petites feuilles et prévoyez 8 à 10 pieds par mètre linéaire. Si c'est du buis sempervirens, comptez 5 pieds par mètre (un tous les 20 cm). Tailler au même rythme que ci-dessus afin d'obtenir la forme désirée.
Feuilles, écorces et graines de buis contiennent des alcaloïdes stéroïdiques.
Troubles possibles : vomissements, vertiges, tremblements, paralysie spinale. Possibilités de dermites. Les propriétés utiles sont sudorifique, cholagogue et antirhumatismal.
Magnolia
arbuste (rarement arbre) de la famille des Magnoliacées (Tulipier).
Étymologie : nom attribué par Linné en l'honneur de Pierre Magnol, médecin et botaniste de Montpellier (1638-1715). Il conçut l'idée de classer les plantes par familles, idée que Linné améliora et généralisa.
Origine : espèce endémique d'Europe, chassée par les glaciations. Les magnolias ont été réintroduits d'Amérique du Nord, de Chine et du Japon.
Rusticité : zone 7 (il supporte le froid jusqu'à -17°).
Taille : certaines espèces atteignent 25 m.
Durée de vie : jusqu'à 200 ans. Particularités : Il existe deux grands types de Magnolias : les magnolias à feuilles caduques, qui fleurissent au début du printemps, avant l'apparition des feuilles, et le magnolia à grandes fleurs, qui a des feuilles persistantes et porte de grandes fleurs, de 20-25 cm de diamètre, plus grandes que les précédentes, en été. Leur floraison est dans tous les cas très belle (grands pétales clairs), bien que primitive (elle contient beaucoup d'étamines et de nombreux carpelles libres). Leurs feuilles sont grandes (> 15 cm). L'introduction du Magnolia grandiflora : En 1711, le gouverneur de la Louisiane, Roland Michel Barrin de la Gallissonière, expédie en Europe des espèces végétales. Elles sont débarquées au port breton de Paimboeuf et sont acheminées par la route à Nantes. Le maire de la ville, René Darquistade, qui se trouve être fin botaniste, fait mettre un échantillon en serre ; et quelques années plus tard, alors que la plante ne s'est pas franchement développée, décide de la jeter. La femme du jardinier qui passait par là, repère l'arbrisseau sur le tas de fumier et l'emporte. En extérieur, le spécimen ne tarde pas à retrouver une seconde jeunesse, pour le plus grand plaisir du botaniste. Il s'empresse d'en confier l'analyse à la faculté de Montpellier où un certain Pierre Magnol, contemporain de Linné et de Plumier, en fera la première description avec François Bonamy. |
Pin
Conifère à feuillage persistant,
de la famille des Pinacées (Cèdre, Épicéa, Mélèze, Pin, Sapin, Tsuga)
Étymologie : du latin "pinus" ; indo-européen "Pic"= "amer".
Origine : les espèces indigènes rencontrées en France sont le Pin maritime (originaire de l'Ouest de la Méditerranée), le Pin sylvestre ou Pin commun, le Pin parasol (au port caractéristique, en parasol, originaire du pourtour méditerranéen), le Pin laricio de Corse (et d'Italie), le Pin Cembro (originaire des Alpes et des Carpates), le Pin d'Alep (originaire du pourtour méditerranéen) et le Pin à crochets (originaire des Alpes et des Pyrénées). Les pins maritime, sylvestre et d'Alep couvrent près de 20% de la forêt française (voir le graphique de répartition de la forêt française ). Sont également plantés trois pins européens : le Pin noir d'Autriche, originaire du centre de l'Europe, le pin de Macédoine, originaire d'Albanie, et le pin de montagne, plus petit que les autres pins, originaire des montagnes d'Europe centrale.
Espèces non européennes : très nombreuses (d'Amérique, de Chine , du Japon).
Tailles maximales : 15 m (Pin d'Alep), 25 m (Pin de montagne), 30 m (Pin parasol), 35 (Pins maritime et sylvestre), 45 m (Pin laricio). Port et tronc : les Pins dressent un fût élancé, qui supporte un houppier large et étagé. Les branches basses meurent et tombent, dégageant le tronc. Le Pin maritime se différencie de ses proches cousins, les Pin noirs et le Pin sylvestre, par son tronc tordu par endroits (et son écorce rose-orange dans le haut). Plantés serrés (forêt des Lande), les Pins maritimes s'étirent davantage et leur tronc est parfaitement rectiligne.
Le Pin noir de Salzmann présente souvent un tronc sinueux.
Le Pin parasol se distingue par un tronc droit et nu sur les deux tiers inférieurs et une cime arrondie, en boule ou en dôme. Écorce : L'écorce de la plupart des Pins se détache par écailles. L'écorce du Pin parasol est brun rougeâtre avec des nuances grises. Celle du Pin maritime est épaisse, rouge-violet. Celle du Pin sylvestre est brun rougeâtre sur le bas du tronc, rouge ferrugineux sur le haut. Habitat : le Pin sylvestre, Pinus sylvestris (ci-dessus) est une essence de lumière, acceptant les sols pauvres, acides. C'est une espèce pionnière, c'est à dire capable de s'adapter sur un sol dénué de végétation. Ses aiguilles se décomposent mal au sol et empêchent le développement du sous-bois. Il supporte le climats frais et on le rencontre dans le Nord de la France. Pin maritime, Pinus pinaster : il préfère les terrains non calcaires. C'est le pin typique des Landes (reboisement au XIXe siècle). Il se rencontre au Sud de la France et très occasionnellement plus au nord. Pin parasol, pin pignon ou pinier, Pinus pinea (à droite) : on le rencontre sur la côte méditerranéenne. Il est emblème de la péninsule italienne. Pin laricio : pin des régions méditerranéenne, il supporte le climat de la région parisienne (bel arbre planté par Jussieu, en 1784, au Jardin des plantes, à gauche). Il supporte la pollution. Feuilles : aiguilles groupées en fascicules de 2 à 5. Réunies, elles forment un cylindre; leur section est un demi-cercle pour les aiguilles groupées par deux (cas le plus fréquent). La base des aiguilles porte une gaine fasciculaire, qui tombe généralement à l'automne suivant. Les aiguilles, elles, persistent 3 à 5 ans (4 à 6 chez le pin parasol). La longueur des aiguilles varie de 3 à 20 cm (voir ci-dessous), les plus longues étant celles du Pin noir de Salzmann (qui est assez rare). Fleurs : Les pins sont des arbres monoïques, c'est-à-dire dont les fleurs mâles et femelles sont portées par le même pied. Les inflorescences sont des chatons, le mâle situé en bout de rameau là où le vent a le plus d'action pour disséminer le pollen. L'inflorescence femelle est en retrait, plus discrète. La dispersion du pollen, au printemps, telle une "pluie de soufre", couvre le voisinage d'une poudre jaune (visible sur les véhicules, ou dans les zones de ruissellement après une pluie). Certaines personnes y sont allergiques. Fruits : l'inflorescence femelle, une fois la fécondation accomplie, mûrit en deux (rarement trois) ans et forme un cône. Celui-ci est orienté vers le bas (tombant), contrairement au cône du sapin. Il s'ouvre à l'automne (cône déhiscent) et libère des graines ailées. Certains pins, dont le pin maritime, libèrent les graines quand ils sont soumis à la chaleur d'un incendie. Le feu de forêt, notamment dans certaines forêts nord-américaines (ex : pin d'Anthony), est l'occasion de régénérer la forêt, en détruisant des espèces envahissantes, et en libérant les graines qui ont pu rester enfermées des dizaines d'années. Dans le forêts plantées, les incendies sont au contraire une menace. Les graines sont souvent ailées, ce qui facilite leur dissémination par le vent et l'extension de l'aire de distribution.Légendes et traditions : Dans la mythologie grecque, la nymphe Pithys, convoitée par Pan, lui échappa en se métamorphosant en Pin noir. Aux Jeux Isthmiques, de Corinthe, ce sont des couronnes de pin qui récompensent les vainqueurs. Au Moyen Âge, le roman de chevalerie l'associe à la connaissance et à l'immortalité (ex : La chanson de Roland). Le Pin émerveille Yvain dans le Roman de la Rose. Béroul, dans Tristan et Yseut, place le pin au coeur du jardin où les héros se rencontrent et le roi se cache dans le pin pour épier la rencontre. Utilisations : de la résine de pin maritime, les Grecs et les Romains extrayaient la poix, des baumes et des aromates, dont la "crapula", pour parfumer le vin, qui désigna ensuite les ivrognes. On extrait toujours l'essence de térébenthine, ainsi que la poix, le calfat (qui servait à étancher les coques de bateaux - on dit "calfater") et une essence comparable à l'encens. Le pin maritime a été abondamment planté dans les Landes, pour stabiliser le sol marécageux, et, ultérieurement, pour fournir les papeteries. De nombreuses expériences ont été lancé dans les Landes pour fixer les dunes de sable et assainir les marécages : l'abbé Louis Desbey, chanoine à Bordeaux et son frère Guillaume, receveur des fermes à La Teste, préconisent en 1774, de fixer les dunes avec fascines clayonnages, plantation d'oyat et genêts qui abriteraient des vents les plantations de pins maritimes. L'ingénieur des Ponts et Chaussées Nicolas Brémontier poursuit ses travaux avec succès, en 1786, non seulement sur les dunes, mais aussi dans les marais, après avoir drainé les eaux dans des canaux. Napoléon Ier et plus tard Napoléon III favorisent ces projets qui sont considérés comme achevés en 1876 (il aura fallu 100 ans).
Le bois, bien que résineux, sert également en menuiserie, charpente, pâte à papier, panneaux de fibres. En tant que combustible, le pin sylvestre est meilleur combustible que l'épicéa, le sapin ou le mélèze. Il était utilisé dans les hauts-fourneaux pour la réduction des minerais. C'est la résine qui facilite la combustion et rend les pins dangereux pour les cheminées domestiques (dépôt de suie, risque de feu de cheminée).Le Pin parasol produit des graines qui sont comestibles, appelées pignons Elles sont appréciées en salade.Les aiguilles du pin sylvestre ont servi à faire une ouate que l'on parvint à filer pour produire une étoffe ressemblant aux flanelles.Maladie : Le pin maritime est attaqué par le matucocus. C'est un insecte qui creuse l'écorce du pin. Sa larve y naît, elle élargit le trou en grandissant et un autre insecte peut s'y loger, jusqu'à ce que la sève s'épanche. Conseils d'entretien : en fin d'été, surveiller l'apparition des araignées rouges sur les conifères qui, alors, jaunissent. Arroser abondamment le feuillage à l'eau claire en prévention ou traiter avec un acaricide
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